Absente depuis une trentaine d’années des salles d’exposition parisiennes, la maison Dior expose, à l’occasion de son 70ème anniversaire, ses plus belles créations au Musée des Arts Décoratifs de la capitale.

« Un rendez-vous incontournable pour les aficionados de la maison de l’avenue Montaigne », Vogue

Excitée à l’idée de pouvoir admirer des centaines de robes pailletées, je me suis empressée d’y aller. Arrivée un jeudi à 15h devant la porte du musée, je pensais pourvoir en sortir à 16h30…malheureusement, j’ai dû remonter l’impressionnante file d’attente qui n’avait pas l’air d’avancer. Qui ose se montrer un jeudi, en pleine journée, au musée?

Désespérée par le fait de ne pas pouvoir y aller – j’avais rendez-vous à 17h dans le quartier du Marais – et séduite par l’idée jouissive de passer devant tous ces visiteurs acharnés, j’ai acheté le précieux billet coupe-file à 11€ (au lieu de 8,5€ pour les étudiants) de mon smartphone. Quelques secondes plus tard, je reçois le billet électronique, sourire aux lèvres, je peux désormais me diriger vers l’entrée.

S’extirper d’une situation inextricable : c’est fait.

L’exposition s’organise d’une part, comme une chronologie de l’histoire de la Maison et d’autre part, comme une correspondance entre les créations et les œuvres exceptionnelles qui les ont inspirées, ainsi, toiles, photographies, objets d’art côtoient des vitrines remplies d’un dressing de rêve. D’ailleurs, à l’âge de 23 ans, Christian Dior ouvre, avec deux amis, une galerie d’art, afin d’exposer les peintres qu’ils admirent (Picasso, Matisse) et de représenter de jeunes artistes qu’ils estiment (Dalì, Giacometti).

L’exposition attire les foules et mérite tous les superlatifs. En effet, les 300 robes de haute couture, conçues de 1947 à nos jours, signées Christian Dior et des directeurs qui lui ont succédé (Yves Saint-Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chiuri) m’ont émerveillée. On apprécie les six galeries successives présentant une quinzaine de modèles de chaque créateur après Dior.

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Christian Dior & les jardins
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Dans le jardin de Dior, Hermite du Gazon, Gianfranco Ferré, printemps-été 1996
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Maria Grazia Chiuri rend hommage à la passion pour les jardins de Christian Dior

Les robes comme des reines sont entourées d’une myriade d’accessoires hauts-en-couleur : parfums, sacs et chaussures extravagantes en cuir ou en velours, ornées de pierreries ou de plumes, pour le plus grand plaisir de nos yeux. Pour Christian Dior, l’élégance ne se résume pas à un vêtement, c’est aussi un chapeau, des chaussures, un sac, des bijoux, du parfum… Sa vision de la féminité est globale comme celle de Paul Poiret ou Coco Chanel avant lui.

Christian Dior & la féminité

D’ailleurs, depuis sa collection « New Look » en 1947, il a profondément modifié l’image de la femme.

« It’s quite a revolution, dear Christian, your dresses have such a new look », Carmel Snow

Après la Seconde Guerre Mondiale, le style est austère et masculin, l’époque attend un renouveau dans tous les domaines y compris celui de la mode. Ainsi, dans ce contexte favorable, il réinvente les canons de la féminité avec le concept de la « femme-fleur » et la jupe corolle, ses clientes sont des princesses aux épaules douces, à la taille fine et à la poitrine soulignée. Le corps de la femme est redessiné.

« Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme des lianes, et jupes larges comme des corolles. », Christian Dior

bar Association Willy Maywald:ADAGP Paris 2017
Tailleur Bar Christian Dior, Association Willy Maywald/ADAGP Paris 2017

Malgré quelques réactions hostiles, notamment la création du mouvement The-Little- Below-the-Knee-Club qui dénonce dans la longueur des jupes un retour en arrière, il est encensé par la critique et reçoit, en septembre 1947, l’Oscar de la mode.

dior critiques
Little-Below-The-Knee-Club-Of-Chicago

Le bal Dior

Les commissaires de l’exposition Florence Müller et Olivier Gabet ont gardé le meilleur pour la fin ! Tout au long de l’exposition, j’ai regretté le manque de lumière, les créations sont peu éclairées et il est parfois difficile d’admirer les couleurs et les détails du tissu. C’est dommage…

Néanmoins, la dernière salle à tout rattraper. Elle est éblouissante et majestueuse. La plupart des visiteurs qui y entrent sont bouche-bée ou leur échappe à un grand « AH ». On y respire la magie Dior. Les robes exposées sont des robes de stars. C’est le « BAL DIOR ». En effet, dès 1947, afin de balayer les heures sombres la Seconde Guerre Mondiale, les bals se succèdent dans la capitale et Christian Dior dessinera de nombreuses toilettes pour les invitées de ces soirées grandioses.

« La robe de bal vous fait rêver et doit faire de vous une créature de rêve », Christian Dior

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Vous avez jusqu’au 7 janvier 2018 pour être ébloui !

Des conseils littéraires pour aller plus loin : 

Connaissance des arts, Christian Dior, couturier du rêve (magazine)

Secrets de couture : confidences de couturiers légendaires, Pamela Golbin, Rizolli

Jeune fille en Dior, Annie Goetzinger, Dargaud (BD)

Green Scarf Lady

 

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